• .:Chapitre 3:.

    .:Chapitre 3:.

     

     

     

                Elle avait huit ans lorsqu’il y eut l’Accident

     

    -          Et surtout, n’oublie pas, il ne faut pas que tu te fasses mal. En aucun cas. Et si il s’avérait que tu te mettes à saigner, ne montre ton sang à personne et vient vite me voir, la prévint sa mère.

                Lyäna ne comprenait pas pourquoi, depuis qu’elle était en âge de marcher, sa mère lui interdisait toujours de se faire mal et de faire attention à ce que personne ne voie son sang mais elle hocha tout de même la tête. Après tout, c’était ça ou être interdite de leçon d’escrime. Et cela, elle ne la voudrai pour rien au monde.

    -          Regarde moi dans les yeux, lui ordonna sa génitrice. Et promet-le moi.

                Lyäna leva la tête et fixa son regard dans celui de celle qui un jour, l’avait mise au monde. Les yeux de cette dernière étaient d’un bleu pâle fendu d’une pupille verticale. Son visage fin et délicat était encadré par des cheveux argentés. Elle était belle. Très belle. Elle s’appelait Ealà et, à la grande tristesse de sa fille, était la reine des elfes. Lyäna, quant à elle, ne ressemblait pas du tout à sa mère et n’arrivait pas à s’imaginer en tant que princesse. Ses cheveux à elle étaient noirs et s’éclaircissaient au niveau des pointes pour devenir bleus. Ses yeux étaient très étranges : la pupille verticale comme ceux de sa génitrice étaient encadrées d’un cercle bleu pâle puis d’un deuxième qui lui, était d’un noir profond, absolu, intense. Mais pour Lyäna, il n’y avait aucun doute, elle était une elfe, peut importe son apparence.

    -          Je te le jure, promit-elle alors.

    -          Très bien, sourit Ealà. Tu peux y aller.

                Lyäna hurla de joie et partie en courant.

     

    ***

     

                Lyäna s'aplatit au sol et sentit la lame passer à quelques centimètres de ses cheveux. Elle se releva d'un bond et... se retrouva plaquée contre le mur de l'enceinte du palais, une lame sur sa gorge.

                - Bien joué Votre Altesse, la félicita le chef des gardes.

                - Merci Maître Rav’nil, répondit-elle.

                - Mais de rien Votre Altesse. Et maintenant, si cela ne vous dérange pas, reprenons.

                Lyäna hocha la tête, se mit en garde et le combat reprit. Les deux épéistes s'échangeant des coups plus puissants les uns que les autres, des feintes de plus en plus audacieuses. Mais la jeune elfe, bien que bonne combattante, ne valait pas le Maître d'armes et se retrouva vite contre le mur à essayer de contenir les attaques de son adversaire. Mais un coup l'atteignit au poignet et transperça le gant. Lyäna sentit un liquide chaud ruisseler le long de sa main. Elle lâcha vivement son épée sera sa main contre sa poitrine tout en faisant attention à se que celui qui venait de la blesser ne voit pas son sang.

                - Montrez-moi votre main Votre Altesse, lui dit-il.

                Lyäna la sera encore plus contre son cœur, ses vêtements s'imprégnant du liquide poisseux.

                - Allez, l'encouragea Maître Rav’nil. Vous n'avez rien à craindre.

                - Je... je... non..., bégaya-t-elle. Je... Ma... Ma mère ne veut pas...

                Elle partit en courant. Sa mère était en pleine réception mais celle-ci lui avait dit que si elle se faisait mal, elle devait courir la rejoindre, quelle que soit le moment. La petite fille se précipita donc dans la salle du trône, la traversa sans ralentir et, se moquant complètement des gardes, sauta sur les genoux de sa mère. Elle enfouit sa tête dans la robe de sa mère, elle se mit à pleurer. Sa génitrice l’entoura de ses bras et déclara à l’assemblée de partir, la (réunion) reprendrait plus tard. Lorsque tout le monde fut partit (même les gardes à force de cris et d’énervements), elle éloigna la tête de sa fille de sa robe et lui demanda ce qu’il s’était passé.

    -          Je m’entraînais avec Maître Rav’nil à l’escrime quand il m’a blessé à la main, expliqua-t-elle d’une petite voix. Mais il n’y est pour rien, je te le jure maman. Ne le puni pas.

    -          Ne t’inquiète pas ma puce, je ne lui ferai rien. Mais montre-moi ta main.

                Lyäna tendit sa main. Quand sa mère vit le sang qui s’écoulait de la blessure, elle pâlit.

    -          Personne n’a vu ta plaie, ma puce ? s’inquiéta la reine.

    La jeune princesse secoua la tête. Non, personne ne l’avait vu. Elle ne leur avait pas laissé le temps. Sa mère prit délicatement la main et prononça quelques mots dans la langue magique. Une lueur verte apparut au bout de ses doigts qui, en touchant la blessure, devint d’un blanc éclatant. La lumière disparut quelques secondes plus tard. En même tant que l’étonnant éclat, la paie s’était volatilisée. Lyäna poussa un soupir de soulagement. La douleur sourde qui engourdissait sa main était enfin calmée.

    -          Merci maman, murmura-t-elle en s’accrochant à cette dernière pour lui faire un câlin.

    -          De rien ma petite princesse. Viens, on va nettoyer tout ce sang, dit-elle en montrant sa robe et la tenue de combat de sa fille enduites d’un liquide bleuté.

                Lyäna hocha la tête. Eàla sortit par la porte dérobée à côté du trône tout en entraînant sa fille adorée qui était toujours accrochée à elle. Elles rejoignirent les appartements privés de la reine en évitant de se faire voir. Lyäna ne comprenait pas pourquoi sa mère réagissait ainsi mais elle lui faisait confiance. Une fois arrivée, la reine retira sa robe qu’elle nettoya un maximum avant de s’occuper de sa fille. Elle la débarbouilla et lui enleva ses vêtements de combat tâchés de sang. Elle aida la jeune princesse à enfiler une jolie tunique, fit de même pour elle et appela la femme de chambre. La vieille dame qui lui était assignée arriva quelques secondes plus tard, s’inclina et demanda ce qu’elle devait faire pour aider sa majesté. Eàla lui ordonna de laver puis de jeter les deux tenues. Malgré l’étonnement qui se lisait sur son visage, la servante ne dit rien et sortit en s’inclinant de nouveau. Une fois seules, Eàla prit sa fille dans ses bras et la jeta sur le lit. Alors, Lyäna attrapa un oreiller, se mit à sauter sur le matelas en rigolant et en fouettant l’air avec le coussin. La reine eut un pâle sourire et entra dans la partie.

     

    ***

     

                Lyäna était assise sur un petit trône placé à la droite de celui de sa mère. Celle-ci était en pleine réunion avec ses conseillers. Ils débattaient au sujet de plusieurs témoignages disant que des esprits du combat auraient été vus dans la région. Alors que la séance allait se terminer, la grande porte s’ouvrit et Maître Rav’nil, le chef des gardes entra, tenant, dans sa main droite un morceau de parchemin et dans l’autre, un tube à essai. Devant l’air affolé de son visage, les gardes présents dans la pièce se tendirent. En voyant Lyäna, il tira son épée et la pointa sur la gorge de la jeune héritière.

    -          Maître Rav’nil ! Comment osez-vous menacer ma fille ? Et pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous interrompez la réunion ? s’énerva la reine.

    -          Majesté, je suis vraiment désolé de vous interrompre en pleine réunion du conseil mais je devais vous prévenir. La jeune personne assise à côté de vous n’est pas la princesse. Après l’avoir blessée il y a de cela deux jours, j’ai découvert le sang de cette personne qui avait goutté sur le marbre du grand hall. Il était bleu. Je l’ai donc immédiatement fait analyser, vous comprenez il fallait que je m’assure que vous ne risquiez rien, et j’ai découvert que ce liquide était constitué de sang elfique et de sang s’esprit du combat. D’esprit du combat ! Vous vous rendez compte ?!

                A ces mots, la cour s’était mise à bourdonner de conversation excitées et affolées. Lyäna qui ne comprenait pas ce qu’il se passait se demandait pourquoi tout le monde s’était tout à coup éloigné d’elle à l’exception du chef des gardes qui pointait toujours sa lame sur elle. Quand à la reine, celle-ci avait tellement pâlit que sa peau déjà très claire en paraissait verdâtre.

    -          Non, dit-elle d'une voix qu'elle s’efforce de paraître calme. Elle ne peut pas être une esprit du combat. C'est ma fille, point.

    -          Peut être, mais permettez que je doute, Votre Majesté. Et pour votre sécurité, je l'emmène en prison, on la questionnera plus tard.

                Il tendit une main vers Lyäna qui commençait à voir que l'on ne lui voulait pas que du bien et recula en tremblant comme une feuille. Elle avait envie de poser des questions, de comprendre mais aucun son ne sortait. Elle s'éloigna encore un peu du grand garde. Alors qu'elle l’avait admiré, maintenant, il lui faisait peur. Il posa une main sur son épaule et attrapa ses deux mains.

    -          Désolée Votre Altesse, dit-il. Si il s'avère tout cela est faux, nous vous relâcherons et j'espère vraiment que vous nous comprendrez.

                Il lui passa une paire de menotte. Au contact du métal, la jeune princesse fronça les sourcils. Ce n'était pas des menottes basiques que l'on enfilait au simple malfrat, elles étaient faites d'un métal très spécial qui bloquait les pouvoirs du porteur ; du Moat. Mais, tout le monde savait pourtant très bien qu'elle ne maîtrisait pas encore la magie ! Alors pourquoi Tarì lui avait-il mis ces menottes en particulier ? Elle tourna la tête vers sa mère qui baissa les yeux et soupira :

    -          Très bien, emmenez-la mais vous avez intérêt à bien la traiter !

                Lyäna sentit les larmes lui monter aux yeux. Même sa mère ne voulait plus d'elle. Elle se leva et la regarda une dernière fois lorsqu'elle croisa son regard. Rempli d'amour et de détermination, la jeune elfe comprit que ces yeux étaient ceux d'une personne qui, jamais, ne la laisserai tomber. Elle sourit et suivit le chef de la garde sans protester.

     

    ***

     

                Cela faisait maintenant plus d'une journée qu'elle attendait dans sa petite prison. Les murs de pierre gris sombre la déprimait, la couchette accrochée au fond de la cellule était tellement dure qu'elle n'avait quasiment pas dormit de la nuit et la nourriture n'avait aucun goût bien que les cuisiniers de la prison avaient fait un effort au cas où  il s'avérerait que Lyäna soit vraiment la princesse. Soudain, la petite fille entendit des voix monter de l'entrée de la prison. La porte s'ouvrit alors, une personne entra et la claqua devant elle tout en criant aux gardes :

    -          Et que personne ne nous dérange même sauf si une attaque magique fait exploser la ville !

                Le cœur de la petite princesse fit un bond dan sa poitrine. Sa mère, c'était la voix de sa mère. Celle-ci s'approcha des barreaux de sa cellule. Elle lui sourit.

                - Coucou ma puce, dit-elle. Assieds-toi, je dois te parler, il est grand temps que tu apprennes la vérité...


  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Août 2015 à 12:00

    Ouh ! Ça sent le sang pas elfe à plein nez ! Et le combat, aussi.

    Est-ce que tu peux faire des chapitres plus longs ? *yeux de chien battu*

    2
    Dimanche 23 Août 2015 à 12:51

    Hihi ! Tu verra bien !

    Et pour les chapitres plus longs, je vais essayer mais ce n'est pas gagné

    3
    Dimanche 23 Août 2015 à 12:56

    C'est à peine 1100 et quelques mots... Tu peux faire plus ! Je le sais ! \u.u/

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